acces

Nos marques et partenaires

Apports d'azote sur céréales


A la sortie de l’hiver, la température de l’air augmente plus vite que celle du sol. La croissance du blé redémarre, tandis que la minéralisation n’a quasiment pas repris. Le sol ne couvrira pas les besoins du blé. Un apport d’engrais est de ce fait nécessaire. Après avoir calculé la dose totale à apporter selon l’objectif de rendement (méthode du bilan avec des besoins à 3 kg N / quintal  de grains), la stratégie classique sur céréales à paille consiste à fractionner la dose en 2 passages.

  • Le 1er apport doit se faire au stade tallage, en février. A ce stade, la température est le facteur principal pour l’initiation des talles. L’apport d’azote en début de tallage assure la croissance de ces talles. Les besoins en azote restent faibles et les risques en lessivage sont forts : apporter 50 kg N / ha maximum. Cet apport pourra être modulé en fonction de l’état végétatif de la culture et des résultats de l’analyse du reliquat azoté hiver. Pour ce premier apport, le repère des 200°C cumulés (base 0) à partir du 1er janvier peut être utilisé (cf tableau).

 

Cumul en températures (base 0 – 1er janvier) au 3 avril 2016 - Cliquer sur tableau pour l'agrandir

(Cumuls calculés à partir du 1er janvier, base 0°C, à partir des températures moyennes journalières)
Source : Données Météo France – Traitement CA 15


Les 200° C cumulés base 0° - 1er janvier peuvent être également pris comme repère pour réaliser un premier apport d’azote précoce sur les prairies à base de graminées pour une utilisation précoce en pâture ou fauche.

  • Le 2ème apport doit permettre à la plante d'avoir l'azote disponible dès le stade épi 1 cm. Ce stade est atteint entre début-mars et mi-avril suivant l’altitude et la date de semis. Le rôle de la lumière devient prépondérant pour l’initiation des organes reproducteurs. L’azote assure la croissance des organes formés. A ce stade, les quantités d’azote nécessaires deviennent importantes. En cas de manque d’azote, certaines talles peuvent dépérir ce qui entraîne la diminution du nombre d’épis. Pour un objectif de rendement de 70 quintaux, ce 2ème apport est évalué à 50 kg N / ha pour une parcelle recevant du fumier en automne et avec un précèdent prairie. En l’absence d’épandage d’effluents d’élevage, la dose d’apport de ce second passage peut être de :

    - 60 kg N / ha maxi pour une orge très tallée, pour ne pas prendre le risque de voir verser la culture en cours de printemps.
    - 80
    kg N / ha pour un blé ou un triticale (modulation en fonction du potentiel du sol).

    Face à l'augmentation des prix des fertilisants, pour ce 2ème apport, l'emploi d’urée peut être une solution technique intéressante pour réduire les coûts.

     

    Reconnaître le stade « épi 1 cm »

    Le stade « épi 1 cm » est atteint lorsque la distance entre le sommet de l’épi et le plateau de tallage est, en moyenne, de 1 cm sur le maître-brin. L’épi ne mesure encore que 2 à 3 mm. Il est déjà en phase de différenciation florale et les épillets sont en cours de formation.

    Dans la pratique, pour déterminer le stade « épi 1 cm », il est conseillé de prélever 20 plantes dans une zone homogène de la parcelle, en évitant les passages de roues et les bordures. Il ne faut garder que le maître-brin, c’est-à-dire la tige la plus développée de la plante. Ensuite, chaque tige doit être coupée dans le sens de la longueur pour mesurer. Il est conseiller de faire l’observation toutes les semaines.

    Le stade « épi 1 cm » n’est qu’indicatif. Les apports peuvent aisément être anticipés ou retardés, pour tenir compte de fortes disponibilités en azote du sol ou pour profiter d’un épisode pluvieux. En effet, l’apport d’engrais sera d’autant plus efficace s’il bénéficie d’un cumul de pluies d’au moins 15 mm dans les 15 jours qui suivent.

Observation du stade « épi 1 cm » à faire sur le maître brin de 20 plantes

Source : Arvalis-Institut du Végétal

Enfin, les prévisions pluviométriques sont également déterminantes. En effet, l'apport d'engrais sera d'autant plus efficaces s'il bénéficie d'un cumul de pluies d'au moins 15 mm dans les 15 jours qui suivent.



Christophe CHABALIER
Conseiller en agronomie
à la Chambre d'agriculture du Cantal
04 71 45 55 56  ou christophe.chabalier@cantal.chambagri.fr

Mentions légales | Contacts |  Plan du site |  Coordonnées    |  RSS